L’École Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC) est le résultat d’une série de mutations ayant intervenu dans l’histoire de cette institution, depuis son appellation originelle en 1970, d’École Supérieure Internationale de Journalisme de Yaoundé (ESIJY). En effet, elle fut fondée par le français Hervé BOURGES en collaboration avec l’Etat camerounais par décret présidentiel N°70/DF/211 du 15 mai 1970. Par cet acte, l’Etat camerounais traduisait ainsi sa volonté à vouloir former des jeunes africains en général et camerounais en particulier à la pratique du métier de journaliste. C’est ainsi qu’on va donc retrouver au sein de cette institution, des étudiants(es) venus des États de l’Afrique centrale (R.C.A, Gabon, Rwanda, Tchad, Togo et Cameroun). L’ESIJY comme nous l’avons indiqué plus haut n’est encore qu’un laboratoire où l’on forme uniquement à la collecte, au traitement et à la diffusion des informations ; il faut également noter que le corps enseignant, à cette période, est en majorité constitué d’expatriés ; des noms tels que Richard Hartzer, M. Patsoh, Jean Paul Gauch, Pierre Chich, etc. sont les plus en vue au sein de cet établissement. Entre 1970 et 1981, l’Ecole a déjà formé au total 252 journalistes qui feront leurs preuves tant sur le plan national qu’international.

 

Au cours de l’année 1981, l’Ecole va perdre son statut international au profit d’un statut national. L’ESIJY deviendra ainsi l’ESSTI (École Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information) grâce au décret N°82/404 du 04 septembre 1982. En d’autres termes, la décision de nationaliser l’ESIJY va intervenir suite à la dénonciation, par l’État camerounais, de la Convention du 17 avril 1970 créant cet établissement ; cette Convention avait été ratifiée par la RCA, le Gabon, le Rwanda, le Tchad, le Togo et le Cameroun. Le dernier pays cité va donc s’engager à acquérir la gestion totale de l’Ecole. La période ESSTI va donc être une période transitoire pendant laquelle les occidentaux vont, peu à peu, passer le témoin aux formateurs nationaux. C’est également pendant cette période que se fera la construction des bâtiments de ladite institution. Sur le plan académique par exemple, on va revoir les programmes d’enseignements en y introduisant des disciplines essentielles (sciences de la communication, informatique, démographie, sémiologie, publicité, etc.) ; de plus on pourra par ailleurs, compter plus de quinze enseignants camerounais titulaires d’un doctorat de 3ème cycle, d’un doctorat nouveau régime ou d’un Ph.D. Parmi ces nationaux on peut citer les encadreurs suivants : Francis Wete, Albert Mbida, Emmanuel Tatah Mentan, Daniel Anicet Noah, Pierre Paul Tchindji, Jean Pierre Biyiti Bi Essam, Eugène Booh Bateng, Gervais Mbarga, Keye Ndogo, Laurent Charles Boyomo Assala, Marie Djuidjeu, Antoine Wongo Ahanda, etc. En outre, la revue scientifique Fréquence Sud va être lancée au même moment. Sur le plan administratif par contre, l’on va observer une organisation des services internes (bureaux de la scolarité, de la documentation, de la comptabilité, du suivi, etc.) ; la révision des salaires en les adaptant à la grille en vigueur à l’Université de Yaoundé va également constituer un point fort qui aura marqué cette période qui s’étendra de 1981 à 1991.

 

Au soir de 1991, l’humanité a déjà abordé le dernier virage du 20ème siècle : le siècle de la Communication ! L’ESSTI jadis réservée à la formation des journalistes, se met à l’air du temps. Le 15 novembre 1991, l’enseigne de l’Ecole affiche ESSTIC (École Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication). En décembre 1994, l’ESSTIC reçoit des étudiants dans les autres filières de la Communication : Documentation, Edition et Arts graphiques, Publicité et Relations publiques dont l’appellation a muté en Communication des Organisations. Cette diversification des choix de formation intervient suite à la réforme universitaire de 1993 qui a pour objectif la décongestion de l’université et la professionnalisation des études universitaires afin d’obtenir des diplômés susceptibles d’être utiles au secteur privé et au pays dans son ensemble. L’ESSTIC réaffirme, en janvier de la même année, sa vocation internationale car 26 étudiants provenant de 16 pays africains y font leur entrée. Depuis lors, l’ESSTIC continue de faire ses preuves tant sur le plan national qu’international. C’est certainement pour cette raison qu’elle a été désignée par l’UNESCO comme pôle d’excellence en matière de formation aux métiers de l’Information et de la Communication en Afrique centrale. Notons également que la renommée internationale de l’ESSTIC est, en partie, liée aux différentes conventions qu’elle a eu à signer avec des institutions universitaires et entreprises dont la réputation ne souffre d’aucune contestation. Sur le plan académique l’ESSTIC, sous la tutelle de l’Université de Yaoundé II-Soa, a des collaborations scientifiques avec l’université Lyon II-Lumière, l’université de Nanterre, l’Institut des hautes études en sciences sociales en France, l’université de Bangui en Centrafrique, l’université Cheik AntaDiop au Sénégal, etc. L’ESSTIC ayant une double exigence en matière de formation, a par ailleurs des partenariats avec des entreprises afin de permettre à ses étudiants d’acquérir des aptitudes professionnelles durant leur parcours académique. Parmi ces entreprises on peut citer MTN, Orange, Nmi Education, ADC, CRTV, Camtel, etc. De nos jours, le flambeau est désormais tenu par une équipe dynamique de jeunes enseignants formés au sein de ladite Ecole. Les candidats admis au concours d’entrée, dans l’une des cinq filières, qu’offre cet établissement de l’université de Yaoundé II, se recrutent dans les pays de la sous-région Afrique centrale. Plus de 950 jeunes concourent chaque année pour être admis dans cette prestigieuse institution. Ce concours rappelons-le est lancé par le Ministre de l’Enseignement Supérieur conjointement avec son homologue de la Communication tel que cela a été prévu, au sujet de la double tutelle, dans le décret N°82/404 du 04septembre 1982 dans son Article 2.

 

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